Se préparer au parcours de soin

Les examens et traitements liés aux fuites de LCS peuvent être source d’inquiétude car la plupart sont nouveaux du point de vue des patients.

Il est essentiel de bien comprendre leurs objectifs mais aussi le déroulement de ces examens que les patients peuvent vivre afin de mieux s’y préparer et poser les questions qu’ils souhaitent, avant, pendant et après.

Se préparer à un blood patch

Le principe consiste à injecter une petite quantité du sang du patient (sang autologue) dans l’espace épidural*, autour de la colonne vertébrale.

Le sang injecté va coaguler et former un caillot qui peut contribuer à fermer la brèche de manière naturelle à l’intérieur de la membrane (la dure mère). En colmatant la fuite, cela va donc aider à restaurer la pression du liquide cérébro-spinal & diminuer les symptômes.

Comme tout acte médical, le blood patch comporte certains risques potentiels, l’équipe médicale explique généralement les bénéfices et les risques avant la procédure.
* L'espace épidural est une zone située entre les méninges enveloppant la moelle spinale et le canal vertébral, contenant de la graisse, des vaisseaux sanguins et des rameaux nerveux. (source ecosia.org)

Avant l’intervention

Avant le geste, l’équipe médicale vérifie :

  • les symptômes

  • les examens d’imagerie réalisés

  • les antécédents médicaux

  • les traitements en cours

  • en général : une prise de sang avant l’examen pour analyser le sang du patient

Des recommandations spécifiques peuvent être données concernant certains médicaments comme, dans certains cas par exemple, l’arrêt de traitements anticoagulants.

Préparation

Ce geste ne s’effectue pas toujours en bloc opératoire, mais souvent sur une lit, en salle de réveil des maternités car il est fait par les anesthésistes du service. 

Le patient est généralement installé allongé sur le ventre ou sur le côté selon le type de blood patch réalisé. La peau est désinfectée afin de limiter les risques d’infection.

Pendant

  • Étape 1 — Repérage

Le médecin localise la zone d’injection et procède à l'anesthésie locale. Selon les cas, le geste peut être réalisé : à l’aveugle” (non ciblé), sous guidage radiologique ou scanner, de manière ciblée si la fuite est localisée  

  • Étape 2 — Prélèvement sanguin

Une quantité de sang est prélevée directement sur le patient, comme pour une prise de sang -  généralement au niveau du bras et ce sang est utilisé immédiatement.

  • Étape 3 — Injection dans l’espace épidural

Le sang est injecté progressivement dans l’espace épidural. Pendant l’injection, certaines sensations peuvent apparaître : pression dans le dos, tension lombaire, douleur transitoire, sensation de pression dans les jambes ou la nuque ou dans le crâne.

Le patient est donc pleinement réveillé et à l’écoute de ses sensations que l’équipe médicale surveille et accompagne pendant toute la procédure.

Le Blood patch s’effectue en général allongé sur le côté ou assis

Position patient pour recevoir un blood patch.png

Après le blood patch : Phase de repos immédiate

Après l’intervention, le patient retourne en chambre allongé sur son lit -  il est généralement demandé de rester strictement et complètement allongé, sans oreiller, pendant une période définie par l’équipe médicale (cela peut aller jusqu’à 24h complètes) pour favoriser l’efficacité du blood patch.

Après la période définie, le personnel soignant viendra assister le patient à se lever et discuter des sensations et symptômes post intervention.

Sensations post blood patch

Après un blood patch, certaines personnes ressentent une amélioration rapide ou progressive.

Il est également fréquent de ressentir temporairement des signes liés à la ponction/intervention qui disparaissent après quelques jours : douleurs lombaires, point/noeud dans le dos, sensation de pression dans le crâne, raideur dans le dos.

Les jours suivants

Les recommandations peuvent inclure :

  • éviter les efforts physiques importants

  • éviter le port de charges lourdes

  • limiter certains mouvements

  • privilégier le repos pendant quelques jours

Certaines personnes obtiennent une amélioration après un seul blood patch.

D’autres peuvent nécessiter plusieurs procédures de blood patch, des traitements complémentaires ou une prise en charge plus spécialisée.

Se préparer à un myélo-scanner ou une myélographie dynamique

Le myélo-scanner est un examen spécialisé utilisé dans certains cas pour rechercher une fuite. 

Avant l’examen & préparation

L’examen se passe dans une salle de scanner normale. Le patient se déshabille sauf sous-vêtements et se prépare avec une tenue stérile. Il peut être allongé à plat ventre ou sur le côté selon les besoins du radiologue. 

Pendant l’examen

Ensuite, on commence par une anesthésie locale au niveau du bas du dos avant d’effectuer une ponction lombaire permettant d’injecter un produit de contraste dans le liquide cérébro spinal dans le dos. Une série d’images est ensuite réalisée au scanner avec le produit de contraste afin d’observer la circulation du produit et détecter une éventuelle fuite. Lorsque le produit est injecté et au moment de faire les images, on peut demander au patient de retenir sa respiration quelques secondes pour éviter tout flou sur les images. 

Pendant l’examen, le patient peut être amené à changer de position afin d’aider à visualiser certaines fuites. L’examen peut être impressionnant mais il est réalisé sous surveillance médicale spécialisée et il y a dans la salle souvent le radiologue en charge de l’examen, accompagné parfois d’un(e) interne, des manipulateurs et préparateurs radios et d’infirmiers si besoin - dans certains cas, l’injection du produit de contraste peut provoquer des maux de tête pendant l’examen qui disparaissent quelques minutes à quelques heures après.

Après l’examen

Si besoin, le patient peut rester en observation 1h ou 2h post examen et rentre ensuite chez lui sans problème, sans besoin d’être accompagné à la sortie en général.

Le radiologue peut généralement vous dire directement après l’examen si la localisation de la brèche a pu être identifiée ou pas. Si ce n’est pas le cas, il faudra sûrement repasser ce même examen plusieurs fois afin de trouver cette aiguille dans une botte de foin. Mais ça vaut le coup et c’est un pré requis pour passer à l’étape chirurgicale !

Dans tous les cas, beaucoup de ces examens sont nouveaux pour les patients, si c’est votre cas, n’hésitez pas à poser toutes les questions avant, pendant et après à votre équipe médicale.

Schéma illustrant une procédure médicale du myéloscanner pour localiser une fuite de LCS et de brèche durale. La procédure implique une injection de contraste dans la colonne vertébrale.

Le myéloscanner peut se passer allongé sur le ventre ou sur le côté

Se préparer à sa chirurgie

Être opéré(e) d'une fuite de liquide cérébro spinal (LCS) peut susciter de nombreuses questions et parfois de l'appréhension. Une bonne préparation permet d'aborder cette étape plus sereinement et de mieux comprendre le déroulement de votre prise en charge.

En amont de l'intervention, prenez le temps de préparer votre consultation préopératoire. N'hésitez pas à noter toutes les questions qui vous viennent à l'esprit et à signaler à votre équipe médicale l'ensemble de vos traitements (notamment les anticoagulants ou antiagrégants), vos allergies ainsi que vos antécédents médicaux. Ces informations permettront d'adapter votre prise en charge dans les meilleures conditions.

Sur le plan pratique, il est également utile d'anticiper votre retour à domicile : organiser une aide si besoin, préparer un espace de repos confortable, éviter de prévoir des efforts physiques importants dans les semaines suivant l'intervention et planifier une reprise progressive de vos activités.

Enfin, gardez à l'esprit que la récupération est souvent progressive. Si certains patients ressentent rapidement une amélioration, d'autres voient leurs symptômes diminuer plus lentement, parfois sur plusieurs semaines ou plusieurs mois. Il y aura forcément des douleurs post opératoire liées à l’acte en lui-même (musculaire, nerveux, etc.) mais qui doivent diminuer en quelques semaines ou mois avec des massages doux, ciblés et un peu de renforcement musculaire de la zone une fois la cicatrisation bien terminée.

Avant votre intervention, n'hésitez pas à préparer une liste de questions sur une feuille ou un carnet. Voici quelques exemples qui pourront vous aider à mieux comprendre votre situation.

💡 Conseils de patient

- Venez si possible accompagné(e) à votre consultation préopératoire. Deux personnes retiennent souvent mieux les informations qu'une seule.

- N'hésitez pas à noter les réponses de votre chirurgien, ou à lui demander l'autorisation d'enregistrer ses explications sur votre téléphone afin de pouvoir les réécouter tranquillement.

- Pensez également à préparer à l'avance la liste de vos traitements, de vos allergies et de vos questions. Le jour de la consultation, il est fréquent d'oublier certains sujets tant les informations sont nombreuses.

À propos de votre fuite

- Quel est le type de ma brèche (type 1, type 2 ou type 3) ?

- La fuite est-elle localisée avec certitude ?

- Quelle est sa cause probable (traumatisme, éperon osseux, diverticule méningé, fistule…) ?

À propos de la chirurgie

- Quelle technique chirurgicale sera utilisée dans mon cas ?

- Pourquoi cette technique est-elle la plus adaptée à ma situation ?

- Quels sont les bénéfices attendus ?

- Quels sont les principaux risques ou complications ?

- Combien de temps dure l'intervention ?

- Quels autres médecins ou professionnels de santé doivent être consultés par le chirurgien avant l’opération?

- Quels traitement dois-je arrêter avant la chirurgie, et combien de temps après puis-je les reprendre ?

- Où sera la cicatrise exactement ? Combien mesura-t-elle?

Après l'intervention

- Combien de temps serais-je hospitalisé(e) après l’opération ? Dans quel type de service ?

- Comment sera gérée la douleur ?

- Combien de temps devrai-je rester au repos ?

- Quand pourrai-je reprendre la marche, la conduite, le travail ou le sport ?

- Quelles mouvements et activités devront être évités pendant la cicatrisation (torsions, flexions, port de charges, efforts physiques, constipation, etc.) ?

- Quels symptômes sont considérés comme normaux après l'opération ?

- Quels signes doivent m'amener à consulter rapidement ?

- Existe-t-il un risque d'hypertension intracrânienne de rebond ? Si oui, comment est-elle prise en charge ?

Le suivi

- Quand auront lieu les consultations de contrôle ?

- Une IRM ou un autre examen d'imagerie est-il prévu après la chirurgie ?

- Comment vérifiera-t-on que la fuite est bien refermée ?

- Quels symptômes peuvent mettre plusieurs mois à disparaître malgré une intervention réussie ?